Un doujin, ou doujinshi (同人誌), est une œuvre autoéditée : un auteur seul ou un petit groupe, appelé cercle, la dessine et la vend lui-même, sans passer par un éditeur. Au Japon, ces livres sortent d’abord dans des salons comme le Comiket, puis en boutique spécialisée et en ligne.
Cette page réunit les doujinshi traduits en français (VF) sur Hentai Luxe, à lire gratuitement dans le navigateur. Environ deux sur trois sont des parodies de mangas, d’animes ou de jeux vidéo, et presque tous tiennent en un seul chapitre.
Doujin, doujinshi, cercle : d’où viennent ces mots
Le terme est japonais. Dōjin (同人) désigne des personnes qui partagent un même centre d’intérêt, shi (誌) une revue : à l’origine, le doujinshi est donc un fanzine. Au sens large, dōjin s’applique aussi aux jeux et à la musique autoproduits. En français, on emploie doujin et doujinshi indifféremment pour parler de ces livres.
Le cercle (sākuru) est le nom collectif sous lequel le livre est vendu. Il peut ne compter qu’une personne ; son nom figure sur la couverture, à côté de celui de l’auteur. Beaucoup de mangakas professionnels tiennent aussi un cercle, en parallèle de leurs séries en magazine.
Le grand rendez-vous est le Comic Market, ou Comiket, créé en 1975. Il se tient deux fois par an, en août et en décembre, au Tokyo Big Sight, et chaque édition attire des centaines de milliers de visiteurs. Des milliers de cercles y vendent des tirages souvent limités ; une partie des titres ressort ensuite en version numérique.
Décoder un titre : (C104) [Cercle (Auteur)] Titre (Parodie) [Français]
Hors du Japon, les traductions circulent le plus souvent sous un titre codé de cette façon :
- (C104) : l’événement de sortie, ici le 104e Comic Market, celui d’août 2024. D’autres salons ont leur propre code, comme COMIC1.
- [Cercle (Auteur)] : le nom du cercle, puis celui de l’auteur entre parenthèses.
- Titre : le titre original, le plus souvent transcrit en rōmaji (en alphabet latin).
- (Parodie) : la série dont les personnages sont repris. Ce bloc disparaît quand l’histoire est originale.
- [Français] : la langue de la traduction. D’autres crochets peuvent suivre, comme [Digital] pour une édition numérique ou [Decensored] quand la censure a été retirée.
Sur Hentai Luxe, la fiche de chaque série reprend ces informations : le titre français en tête, le titre original juste en dessous quand il est connu, l’auteur sous « Artistes » et la série d’origine sous « Parodies », avec un lien vers leurs autres œuvres. La recherche reconnaît aussi les titres originaux : c’est souvent le moyen le plus simple de retrouver un doujinshi repéré ailleurs sous son titre codé.
Les parodies les plus lues
Parmi les parodies du catalogue, Dragon Ball arrive nettement en tête des lectures. Yamamoto lui a consacré plusieurs livres, dont Personne ne peut aller à l’encontre de Beerus, l’un des doujinshi les plus lus. La page Dragon Ball Super regroupe les œuvres tirées de cette série, doujinshi et BD confondus.
Naruto et One Piece figurent aussi parmi les parodies les plus lues. Côté jeux vidéo, quelques titres reprennent Street Fighter, Dragon’s Crown, Dead or Alive ou Resident Evil.
Les doujinshi originaux
Environ un doujinshi sur trois ne reprend aucune série existante : l’auteur y crée ses propres personnages. Trois exemples :
- Le Repaire du Désir (Inyoku no Sumika), de Kahlua Suzuki : un homme mûr convoite l’épouse d’un ami. C’est l’un des rares doujinshi du catalogue publiés en plusieurs chapitres.
- Poison Enchanteur (Enchanting Poison), de Nanahara Fuyuki : de la fantasy érotique où les elfes noirs prennent l’avantage sur les humains.
- NTR Bedroom – Édition révisée (Tsuma to Charao ga Kieta NTR Bedroom), d’Arakure : un mari présente sa secrétaire à sa femme, sans se douter de la suite. NTR abrège netorare, le récit où un personnage se fait prendre son ou sa partenaire par quelqu’un d’autre.
Doujinshi et manga commercial : ce qui change
Un manga commercial passe par un éditeur et paraît d’abord en magazine, comme les mangas hentai du catalogue. Le doujinshi saute ces étapes. L’auteur choisit seul son sujet, sa pagination et son tirage, puis vend le livre lui-même en salon ou le confie à des boutiques spécialisées. D’où des livres courts, une seule histoire la plupart du temps, et une grande liberté avec les personnages empruntés.
Les mêmes dessinateurs passent souvent d’un circuit à l’autre. Les comics occidentaux traduits sont sur la page BD porno, les trois formats réunis sur la page hentai français, et les dernières sorties, tous formats confondus, sur celle des nouveaux scans hentai.
Soutenir les cercles
Le moyen le plus direct de soutenir un auteur reste d’acheter l’édition originale. DLsite et FANZA vendent les versions numériques ; DLsite existe aussi en anglais. Melonbooks et Toranoana, deux enseignes spécialisées, vendent les éditions papier au Japon et sur leurs boutiques en ligne. Pour retrouver un livre, cherchez son titre original ou le nom indiqué sous « Artistes » sur la fiche de la série.
Questions fréquentes
Un doujin est-il forcément hentai ?
Non. Au Comiket, une grande partie des cercles vend des œuvres tout public : bandes dessinées, illustrations, romans, musique ou jeux. Les livres pour adultes y ont une place importante, et ce sont eux qu’on trouve le plus souvent traduits en ligne. Ceux publiés ici s’adressent tous à un public adulte et ne mettent en scène que des personnages majeurs.
Pourquoi la plupart des doujinshi n’ont-ils qu’un chapitre ?
Ce sont des livres courts, souvent une vingtaine ou une trentaine de pages, vendus d’un bloc. Au Japon, on les surnomme d’ailleurs usui hon, les « livres minces ». Quand une suite est traduite, elle s’ajoute soit comme nouveau chapitre de la même fiche, soit comme fiche à part.